Projet Recherche en Attribution d'Auteur P.R.A.D.A.

Présentation

 

  PRADA (Projet de Recherche en Attribution d'Auteur) s’inscrit dans le cadre de l’entreprise éditoriale visant à éditer l’intégrale de l’œuvre critique de Barbey d’Aurevilly (six volumes parus à ce jour, les trois derniers en préparation). Cette œuvre critique se compose de trois ensembles :

1) Les vingt-six volumes de l’ensemble intitulé Les Œuvres et les Hommes dont les séries successives – quatre au total – s’efforcent de réunir selon une logique thématique (les écrivains religieux et politiques, les historiens, les poètes, les romanciers...) la part la plus importante de la critique journalistique de Barbey d’Aurevilly. Dès les années 1850, il conçoit en effet le projet de soustraire ses articles à l’éparpillement imposé par des publications au jour le jour, assujetties à une actualité éphémère. Lorsqu’en 1860, le premier volume est enfin publié, l’ambition de l’écrivain est de faire pour l’histoire intellectuelle de la France du xixe siècle, l’équivalent de ce que Balzac avait réalisé dans La Comédie humaine pour l’histoire des mœurs. C’est ce monument qu’il tentera d’édifier jusqu’à son mort : mais lorsque celle-ci survient, seuls onze volumes formant la première série dans Les Œuvres et les Hommes et une partie de la seconde ont vu le jour. Les ouvrages suivants – soit quinze sur vingt-six – feront l’objet d’une publication posthume dont se chargera Louise Read, l’amie de l’écrivain qui lui servait de gouvernante et de secrétaire. Avec patience, celle-ci continuera, jusqu’à sa mort en 1928, de rassembler les articles disséminés dans les journaux pour pouvoir les publier en recueil. Voir la carte interactive des lieux littéraires


2) Les autres recueils publiés par Barbey d’Aurevilly ou par Louise Read en dehors de l’ensemble précédent. C’est le cas de ses chroniques dramatiques qui, du fait de leur caractère propre, ont fait l’objet d’une publication séparée (Théâtre contemporain, 5 vol.) ; le cas aussi d’ouvrages comme Les Prophètes du Passé (1851) ou Du dandysme et de George Brummell (1845), dont la publication à part s’explique par l’antériorité de ces ouvrages par rapport à l’ensemble éditorial formé par Les Œuvres et les Hommes ; le cas enfin de textes caractérisés par une forte unité thématique et par la netteté de leur accent, polémique ou satirique. Ainsi de Goethe et Diderot (1880) des Ridicules du temps (1883) et de leur prolongement, Les Vieilles Actrices et Le Musée des Antiques (1884).


3) Enfin, il existe une masse d’articles que Barbey d’Aurevilly et Louise Read, par la suite, ont oublié de reprendre, à moins qu’ils ne leur aient refusé le changement de statut impliqué par la mise en recueil. Ces textes seraient tombés dans l’oubli si Andrée Hirschi et Jacques Petit, il y a quelques années, ne les avaient exhumés pour les réunir en deux nouveaux volumes (Articles inédits. 1852-1884, Paris, Les Belles Lettres, 1972 et Premiers articles. 1834-1852, Paris, Les Belles Lettres, 1973). Ces deux volumes restent cependant incomplets : il y manque des articles inédits (conservés dans le fonds Chastain aux Archives départementales de la Manche) ; des articles perdus que l’équipe éditoriale éditant actuellement l’œuvre critique aux Belles Lettres a retrouvés ; la plupart des articles anonymes ou publiés par Barbey d’Aurevilly sous un pseudonyme, qui n’ont pas encore été identifiés.

 


L’objectif de l’édition en cours étant d’offrir un recensement sinon exhaustif du moins le plus complet possible des articles composés par Barbey d’Aurevilly tout au long de sa carrière de journaliste, ce projet a pour objectif de progresser dans l’identification des articles que le critique n’a pas signés de son nom. Pour atteindre son but, il se fonde sur la coopération, sur ces questions d’attribution, entre plusieurs partenaires relevant de différentes spécialités : les chercheurs en littérature du xixe siècle et en médiologie du Centre d’étude de la langue et les littératures françaises (UMR 8599) de l’Université Paris-Sorbonne, les informaticiens de l’équipe ACASA du LIP6 (UMR 7606) de l’Université Paris 6, les littéraires et les spécialistes de linguistique informatique des Universités de Cergy et de Paris 13.


Ce projet, qui vise à renforcer la collaboration des différents laboratoires partenaires, a été préparé par une longue collaboration de dix ans entre le CELLF et le LDI Cergy dans le domaine de l’édition de textes littéraires (projet d’édition de l’œuvre critique de Barbey d’Aurevilly, soutenu par le CNL au titre des « grands projets »). Cette collaboration, qui est désormais entrée dans une nouvelle phase, vise à s’étendre à d’autres partenaires, en particulier le LIP6, cette évolution stratégique ayant pour but de se porter aux frontières actuelles de l’innovation, en adoptant l’approche interdisciplinaire propre aux Humanités Numériques.
Isilex(c) - Xavier-Laurent Salvador (Humanités Numériques) et Sylvains Chea (Ingénieur I-Def)